La souveraineté numérique est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises et les organisations publiques. Face à la multiplication des cyberattaques, aux réglementations européennes et à la dépendance envers des acteurs technologiques étrangers, la question de la maîtrise des données est désormais au cœur des préoccupations.
Dans ce contexte, le cloud souverain est souvent présenté comme l’une des réponses permettant de reprendre le contrôle de son patrimoine numérique.
Mais une question essentielle mérite d’être posée :
Un cloud souverain suffit-il réellement à garantir la souveraineté des données qui y sont stockées ?
Le cloud souverain : maîtriser son environnement
Le principe du cloud souverain repose notamment sur la maîtrise de l’infrastructure qui héberge les données.
Cela peut passer par :
– Un hébergement sur le territoire français ou européen
– Des infrastructures opérées par des acteurs européens
– Une meilleure maîtrise des conditions d’accès aux données
– Le respect des réglementations européennes
– Une réduction de la dépendance à certains fournisseurs extra-européens.
Cette approche répond à une partie importante des enjeux liés à la souveraineté numérique.
Cependant, la localisation et la maîtrise de l’infrastructure ne suffisent pas à elles seules à garantir la confidentialité des données.
Car une donnée reste exposée dès lors qu’une personne ou un système non autorisé peut potentiellement y accéder.
La souveraineté ne s’arrête pas à l’infrastructure
Imaginez une organisation qui stocke ses données sur une infrastructure parfaitement maîtrisée.
Que se passe-t-il si un compte administrateur est compromis ?
Que se passe-t-il en cas de vol d’identifiants, de compromission d’un poste de travail ou d’une intrusion dans le système d’information ?
L’attaquant pourrait alors accéder aux données stockées, même si l’infrastructure elle-même répond à des critères de souveraineté.
C’est pourquoi il est nécessaire de considérer un autre niveau de protection : la souveraineté de la donnée elle-même.
Une donnée véritablement souveraine doit rester sous contrôle
Pour renforcer réellement la souveraineté d’une donnée, plusieurs éléments doivent être maîtrisés.
Le chiffrement
Le chiffrement permet de rendre les données illisibles pour toute personne qui ne dispose pas des moyens nécessaires pour les déchiffrer.
Ainsi, même en cas d’accès non autorisé à l’infrastructure, les données restent protégées.
La protection en cas de compromission
La sécurité d’une organisation ne doit pas uniquement reposer sur sa capacité à empêcher une intrusion.
Il faut également être capable de limiter les conséquences d’une compromission.
Une donnée chiffrée de manière robuste peut rester inexploitable pour un attaquant qui parvient à contourner certaines barrières de sécurité.
La maîtrise des clés de chiffrement
Le chiffrement n’est réellement souverain que si l’organisation conserve la maîtrise de ses clés.
La question n’est donc pas seulement :
« Où sont stockées mes données ? »
Mais également :
« Qui contrôle les clés permettant d’y accéder ? »
Cette distinction est fondamentale lorsqu’il s’agit de garantir la confidentialité et la maîtrise de données sensibles.
Le contrôle des accès
Enfin, la souveraineté implique de maîtriser précisément qui peut accéder aux informations.
Les utilisateurs, applications et services doivent disposer uniquement des droits nécessaires à leurs missions.
Cloud souverain et données souveraines : deux approches complémentaires
Il ne faut donc pas opposer systématiquement cloud souverain et données souveraines.
Ces deux approches répondent à des enjeux différents et complémentaires.
Le cloud souverain cherche principalement à garantir la maîtrise de l’environnement dans lequel les données sont hébergées et exploitées.
La protection de la donnée cherche quant à elle à garantir que la donnée reste confidentielle et sous contrôle, y compris lorsque son environnement est compromis.
On pourrait résumer cette distinction simplement :
Le cloud souverain protège l’environnement.
La donnée souveraine protège l’information elle-même.
Cette complémentarité devient particulièrement importante dans les environnements hybrides et multicloud, mais également dans les solutions SaaS largement utilisées par les organisations.
La souveraineté doit suivre la donnée
Aujourd’hui, les données circulent entre de nombreux environnements : applications métiers, clouds, espaces collaboratifs, postes de travail, solutions de partage de fichiers, sauvegardes ou encore infrastructures de stockage.
Dans ce contexte, limiter la souveraineté à un lieu de stockage peut s’avérer insuffisant.
La véritable question devient alors :
Comment conserver la maîtrise de ses données, quel que soit l’environnement dans lequel elles sont utilisées ?
Chez DIFENSO, nous considérons que la souveraineté doit avant tout être portée par la donnée elle-même.
Notre approche repose sur le chiffrement des données sensibles, la maîtrise des clés de chiffrement et la protection des informations indépendamment de leur environnement de stockage.
L’objectif est simple : rendre les données illisibles et inexploitables pour toute personne qui n’est pas autorisée à y accéder.
En conclusion
Le cloud souverain constitue une réponse importante aux enjeux de souveraineté numérique. Mais il ne doit pas être considéré comme une réponse unique.
Héberger une donnée dans un environnement souverain ne garantit pas, à lui seul, que cette donnée restera confidentielle en toutes circonstances.
La souveraineté numérique doit donc être pensée à plusieurs niveaux :
Infrastructure + chiffrement + maîtrise des clés + contrôle des accès.
Car au-delà de l’endroit où vos données sont stockées, l’enjeu fondamental reste le même :
Qui peut réellement les lire, les exploiter et en conserver le contrôle ?